Les Bonshommes au Printemps / Camille Cottier

3 JUIN-19 JUIN

La réalisation des bonshommes, sortes de personnages fantasmagoriques, part d’un travail instinctif qui s’est révélé être obsessionnel. Ils ne sont pas là pour parler d’un évènement précis, mais seraient plutôt une accumulation d’émotions, d’angoisses, de peurs mais aussi de paix et d’espoirs. Ils peuvent témoigner d’une société contemporaine, mais semblent également porter le poids d’un passé chargé. Ils sont son défouloir. Ils prolifèrent, se superposent, s’accumulent mais ne sont pas concernés les uns par les autres ; ils ne se regardent pas entre eux, ils s’adressent à nous. Ils nous interrogent. Qui sommes nous, que faisons-nous? Véritables supports pour explorer différents mediums, comme la peinture et le dessin, les bonshommes font face à ceux qui les observent, questionnant les notions de corps et d’identité. 

Le positionnement frontal des personnages souligne cette dualité entre le spectateur et le dessin. Leurs visages pourraient aussi bien être ceux d’une femme ou d’un homme. Ils ne semblent pas avoir d’âge non plus. Ni enfant, ni vieillard, ils semblent connaître aussi bien le passé que le futur. L’absence de poils et de cheveux renforce ce questionnement identitaire. Lisses, similaires mais pourtant pas identiques. Les bonshommes représentent une masse, une communauté. Pourtant on peut s’interroger: s’agit il d’une communauté individualiste, figée et inquiète ? Ou au contraire d’une sorte de famille très unie, sereine et calme ? La sensation de masse est représentée par l’accumulation, la superposition des personnages. « Ils sont les uns sur les autres ». C’est à ce moment que l’aspect de motif apparaît. Le personnage se répète, indéfiniment. Il se répète jusqu’à saturation, jusqu’à définir le format. Rien n’est décidé avant. A force de se répéter, le personnage devient motif. Il a le pouvoir du caméléon : Il se fond et se dissout dans son propre univers, jusqu’à presque disparaître a certains endroits. Parfois on ne le voit presque plus mais il est bien présent. Il est un motif qui se cache parfois mais qui nous fixe toujours.

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Publié par galeriemargueritemilin

Galerie d 'art contemporain- 11 rue Charles François Dupuis 75003 Paris

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