ART ON PAPER_ ANNE-SOPHIE VIALLON

 English File /Anne-Sophie Viallon / Art on Paper

Motus et Bouche cousue 

 « Je ne brode pas, je fais de la couture », précise Anne-Sophie Viallon lorsqu’on s’étonne de la présence de points cousus avec un fil prolongeant, parfois hors cadre, les fragiles silhouettes qu’elle esquisse à la mine graphite, au feutre, au crayon de couleur, ou à l’aquarelle. 

D’étranges petites filles ou garçonnets sans visage. Lointaines cousines ou cousins d’Alice au Pays des Merveilles ou des petits diables de la comtesse de Ségur, ces figures surréalistes, réalisées avec une étonnante économie de moyen, captivent notre attention. Et nous troublent. 

Motus et bouche cousue ? : « Cette couture, explique l’artiste, est indissociable d’une certaine violence. Il y a l’idée de réparation mentale ou psychique. » Autant de fils discrets qui ourlent une robe, rapprochent deux visages, réunissent des mains, empêchent la parole, mettent en scène l’indicible. 

 L’artiste convoque aussi bien la mémoire partagée que son propre inconscient et laisse affleurer à la surface ces images hybrides traduisant des émotions contradictoires : « je cherche à tisser du lien entre visible et invisible. » souligne-t-elle. Elle laisse alors ses « visions » guider le dessin qu’elle trace au crayon et à l’aiguille, sur papier, ou sur d’inattendus supports (tapisseries, vieux mouchoirs, draps, taies d’oreiller, tabliers, etc.), réalisant ainsi des compositions mixtes, des assemblages textiles ou des paysages de couture. 

Son fil conducteur exige un « un lâcher prise », une humeur vagabonde : « Parfois je pars d’une tache d’aquarelle, sinon d’une photo ou encore d’un motif de tissus, sans savoir où cela va m’amener. » En fait, ses oeuvres au charme acidulé, marient grâce de l’innocence et jeux interdits. 

 jeudi 23 décembre 2021, par par Elisabeth Couturier 


Lips are sealed

« I don’t embroider, I do sewing », specifies Anne-Sophie Viallon when one is surprised by the presence of stitches sewn with a thread extending, sometimes out of frame, the fragile silhouettes that she sketches with graphite mine. , marker, colored pencil, or watercolor.

Strange faceless little girls or boys. Distant cousins ​​of Alice in Wonderland or the little devils of the Countess of Ségur, these surreal figures, produced with an astonishing economy of means, captivate our attention. And trouble us.

Lips are sealed ? “This couture, explains the artist, is inseparable from a certain violence. There is the idea of ​​mental or psychic repair. So many discreet threads that hem a dress, bring two faces together, bring hands together, prevent speech, stage the unspeakable.

The artist summons both shared memory and his own unconscious and lets these hybrid images come to the surface, translating contradictory emotions: “I seek to weave a link between visible and invisible. » she underlines. She then lets her « visions » guide the drawing that she traces with pencil and needle, on paper, or on unexpected supports (tapestries, old handkerchiefs, sheets, pillowcases, aprons, etc.), thus creating mixed compositions, textile assemblies or couture landscapes.

Its common thread requires “letting go”, a wandering mood: “Sometimes I start with a stain of watercolor, if not a photo or even a pattern of fabrics, without knowing where it will take me. In fact, his acidulously charming works combine the grace of innocence and forbidden games.

Publié par galeriemargueritemilin

Galerie d 'art contemporain- 11 rue Charles François Dupuis 75003 Paris

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