« ZEITENWENDE »

On entre dans une nouvelle ère. 

Anne-Catherine Becker-Echivard

Vernissage jeudi 30 mars 18H-21H 11 rue Charles-Francois Dupuis 75003

 Exposition du 30 mars au 29 avriL

Zeitenwende

Après 15 ans de travail sur les “Temps modernes”, je déménage, je rénove, j’installe un nouvel atelier, je m’engage sur un autre chemin. Je commence une nouvelle série, quelque peu imprécise.  Le 24 février 2022, en se réveillant, on apprend que l’Ukraine a été envahie par les Russes. Le Chancelier allemand prononce alors, dans un discours, ce mot “Zeitenwende“ qui signifie : on entre dans une nouvelle ère.  Ce mot résonne fort en moi. Même s’il n’y a pas de comparaison possible, je sens que ce mot est en correspondance avec mon besoin d’aller vers quelques chose de radicalement différent. Ainsi, le titre de cette série s’est imposé à moi avant qu’elle soit terminée. “Zeitenwende”.

 Il n’y a plus de mise en scène mais des dessins, notamment des dessins d’enfant. Le poisson n’est plus acteur mais plus souvent observateur. La coupure est nette, j’ai quitté le monde industriel des adultes pour me plonger dans celui de l’enfance. La finitude nous est devenue insupportable mais l’enfant l’ignore. C’est cette innocence que je recherche. Au début, je pensais utiliser les dessins de différents enfants et j’en ai collectionné beaucoup.  En approfondissant mon travail, je me suis rendu compte, que, surtout, les dessins de mon frère m’interpellaient.  Était-ce une sorte de sérénité, une sorte de paix vis à vis de lui qui s’installait en moi ?  Un jour, je lui ai dit “Je suis en train d’utiliser tes dessins d’enfant dans ma nouvelle série”.  Il m’a souri, sans doute en se moquant. L’humour révèle une sorte de tension entre nous, dissipe souvent un certain malaise, le maintient aussi, parfois. Cette tension entre nous, que nous gérons à travers l’humour, est comme une anesthésie momentanée du cœur, du moins, elle fait taire la sensibilité.  Cela facilite souvent les rapports mais les complique aussi. Dans tout les cas, l’humour est une manière qui s’est ancrée en moi pour gérer le quotidien. Il y a toujours l’humour, le clin d’oeil qui relativise.

Au premier abord, le poisson n’a rien de mignon. Il ne correspond à aucun animal domestique. Nous ne le voyons pas comme un individu mais, plutôt comme une espèce.  Il ne procure pas forcément de l’empathie. Il ne ferme pas les yeux. Pourtant, quand je pleure, mes larmes salées me renvoient au poisson en moi. 

Nous sommes si lointains et si proches. Et pourtant, tout nous lie. Comme la relation avec mon frère. Comme cette guerre. Comme les guerres en général … les guerres de toutes sortes, … comme tout, en fait.

Le poisson à un oeil de chaque côté et rien devant, à croire qu’il a confiance en l’avenir !

Anne-Catherine Becker-Echivard

Publié par galeriemargueritemilin

Galerie d 'art contemporain- 11 rue Charles François Dupuis 75003 Paris

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